Le principe lucifer de bloom, l’ultraliberalisme et la nouvelle austérité

Le principe de Lucifer part du postulat d’un instinct de survie et d’une volonté d’expansion des superorganismes, des entités identitaires existant sur plusieurs niveaux, transcendant celui des individus. Il y analyse comment la violence est intrinsèquement liée à la nature de la société humaine puisque ces superorganismes doivent immanquablement entrer en compétition sur le mode darwinien.

Howard Bloom, en tant qu’un des pères de la mémétique se concentre sur le super-organisme pour proposer une analyse mémétique de l’histoire :

  • C’est une erreur méthodologique de centrer l’étude de l’évolutionnisme darwinien uniquement sur la compétition sélective :
    • Il faut également prendre en compte la compétition entre groupes ((en) group selection) et les inimitiés dues au problème du libre arbitre.
  • Il y a une évolution darwinienne des individus et des groupes, et une sélection de groupes
    • avec une tendance naturelle des unités élémentaires à se regrouper (symbiose, systèmes…) dans l’univers en général il y a une tendance à la complexité

Les 5 mécanismes structurant l’évolution des groupes 6 (les deux premiers assurent un équilibre) :

  • Les gardiens de la conformité ((en) conformity enforcers)
  • Les générateurs de diversité ((en) diversity generators)
  • Les juges internes (inner-judges) : ils conservent une homogénéité et une homéostasie)
  • Les redistributeurs de ressources ((en) resources shifters) (nutriments matériels et psychologiques) : récompense dans le mécanisme de sélection darwinienne
  • Les organisateurs de compétition entre groupes (intergroup tournaments) : sanctionnent et éliminent les plus faibles dans la sélection darwinienne (darwinisme social)

Ces 5 mécanismes créent l’Intelligence, au sens morphogénèse et de l’adaptation à des circonstances nouvelles, et non comme capacité d’abstraction. Face à la sélection darwinienne, Bloom prêche un activisme mobilisateur en soulignant le problème du choix et de la conscience.

Exemples 7:

  • les mésanges qui ont appris à percer les capsules de bouteilles de lait en Angleterre
  • les communautés d’insectes et d’animaux peuvent répondre à des questions logiques du même type que celles posées dans les tests de QI

Rappelez vous, il n’y a pas de crise économique, il n’y a pas besoin de travailleur et d’économie réelle. Mais alors c’est quoi l’austérité ? Ou pourquoi l’austérité n’est en rien la solution de l’occident ou des riches, et sort de cerveaux humains qui pensent en terme de guerre de classe mondialisé pour créer de la croissance. L’austérité pourquoi ? Est ce un investissement pour l’avenir posthumain ? NoN ? Ca ne sert donc à rien, remboursez la dette, il n’y plus d’austérité. MAIS Les riches ont gagné le monde ; tout acte politique depuis des décennies ou du néolibéralisme n’est qu’une troisième mi temps. En terme logique, dans les faits, l’austérité c’est la crise et inversement. L’austérité n’est alors qu’une extermination de classe ?

Ce que n’envisage pas howard bloom d’ailleurs, la fin des classes, et la fin de lutte pour la survie d’une manière ou d’une autre : on voit que bloom ne connait pas le neoliberalisme de reagan, et ne voit pas l’ultraliberalisme de ces dernières années comme STRATÉGIES DE GUERRE ET DE POUVOIR d’un groupe hyperclasse. Il y a également quelque chose qui peut battre le système capitaliste ou l’occident, un meilleur système non humain, transhumain, posthumain : sans frontière.

Malheureusement, Bloom se perd dans la dernière ligne droite dans un chauvinisme, à la limite du cocardier, sans intérêt sur le mode de « les USA vs le monde ». On a du mal à comprendre comment quelqu’un qui a pu construire une théorie, sur l’axiome incontestable de la lutte pour la survie et la domination, dans un registre aussi global peut soudain se perdre dans une vision partiale et si subjective.(…)

Santorum says Obama agenda not « based on Bible »

Pour Howard Bloom, Lucifer fait partie de Dieu. C’est-à-dire qu’il est non seulement une fonction de Dieu (ce qui est difficilement contestable dans l’Ancien Testament) mais aussi coexistant à Dieu (ce qui nous éloigne franchement du christianisme). Le Mal, nous dit Bloom, fait partie d’un plan évolutionniste. C’est le côté obscur de la fécondité cosmique. Il est nécessaire à la construction du monde par la nature. Il est, en réalité, l’alter ego de Mère Nature (le positionnement religieux de Bloom est curieux : on dirait qu’il prend appui sur le marcionisme, afin de justifier un panthéisme).

Le monde de Bloom, quoi qu’il en soit, est intéressant. Il est construit par la compétition entre les groupes. L’homme de Bloom est fondamentalement social (par les temps qui courent, voilà une pensée intéressante). Ce social qui fabrique l’homme obéit à cinq principes :

-          C’est un système auto-organisateur. Il fabrique des éléments de base, peu coûteux et jetables, et l’entéléchie du système construit ensuite une cohérence constamment renégociée.

-          C’est un super-organisme. Chaque organisme individuel n’est lui-même qu’une pièce jetable du système auto-organisateur humain.

-          Ce système produit des rigidités. Il renégocie sa cohérence avec des temps de latence. Ces temps de latence font partie des facteurs d’équilibre qui permettent à chaque sous-système auto-organisateur  de faire évoluer, brutalement, le système auto-organisateur global. Ces sous-systèmes se constituent donc eux-mêmes en super-organismes, qui se « pensent » collectivement comme autonomes à l’égard du système d’ensemble.

-          Sur le système auto-organisateur matériel, l’humanité plaque par conséquent un réseau neuronal, intégration des réseaux neuronaux individuels, organisé en super-organismes distincts.

-          Les sous-systèmes auto-organisateurs obéissent à un ordre de préséance. Par conséquent, la question se pose de savoir comment établir cet ordre, c’est-à-dire comment gérer les rigidités qui hiérarchisent les super-organismes, à la fois dans le domaine biologique et dans le domaine des réseaux neuronaux.

Ce sont pour Bloom ces éléments qui expliquent la persistance du Mal. Cette persistance n’est due ni à l’agressivité des mâles (les femelles peuvent être tout aussi féroce, généralement par procuration), ni à telle ou telle doctrine en particulier. Elle provient tout simplement du fait que le commandement « Multipliez-vous » exige une compétition pour savoir qui va se multiplier. Nous percevons ce mécanisme comme le Mal, parce qu’effectivement, il nous fait mal. Mais en réalité, c’est tout simplement le processus par lequel le système auto-organisateur d’ensemble se perfectionne constamment : la concurrence des sous-systèmes lui permet, en alternant phases de rigidité et saltations mutationnelles, de progresser sans cesse.

L’apport spécifique de Bloom, dans le cadre de cette vision darwinienne classique, est de souligner avec intelligence que ce sont les sous-systèmes qui constituent le facteur de rigidité, pas les individus. En d’autres termes, la conjonction de la nature et de la culture pousse les êtres humains à rechercher non pas tant la propagation de leur descendance que celle du groupe auquel ils se rattachent. Témoins, par exemple, les kamikaze japonais de 1945.  Et, c’est à noter, ce groupe n’est pas nécessairement défini sur une base génétique. Il peut s’agir d’un groupe structuré par un réseau neuronal de réseaux neuronaux, un sous-système de l’humanité « mentale » qui définit par contre coup un sous-système génétique en devenir.

Ce darwinisme des groupes s’explique par le besoin qu’ont les individus de s’inscrire dans un super-organisme cohérent. C’est pourquoi l’exigence de descendance collective prime l’exigence de descendance individuelle, et c’est pourquoi le darwinisme des individus est, selon Bloom, largement une erreur. En réalité, le véritable « étage » du darwinisme, c’est le super-organisme collectif. Pour Bloom, toutes les stratégies de pouvoir, depuis toujours, reposent en réalité sur cette dynamique spontanée : l’uniforme pour que les cellules du super-organisme reconnaissent amis et ennemis, la désignation de l’ennemi pour souder le super-organisme, la cohérence du réseau neuronal de réseaux neuronaux via la diabolisation de l’ennemi (qui permet d’expulser vers lui les facteurs de contradictions internes et de rentabiliser les frustrations individuelles en les recyclant dans la dynamique de groupe), etc.

L’originalité de l’espèce humaine, sous cet angle, est uniquement qu’avec l’invention d’un monde invisible, où des « gènes mentaux » se combinent pour fabriquer des idées, une dimension supplémentaire a été ajoutée aux super-organismes constitutifs du système auto-organisateurs. Cet étage supplémentaire rend possible des réorganisations très rapides, des systèmes fédérateurs d’une complexité et d’une souplesse sans équivalent ailleurs dans la vie terrestre. Surtout, les « gènes mentaux » ont rendu possible des mécanismes très sûrs et très complexes d’articulation entre les organismes individuels et le super-organisme collectif. Exemple : la propagation du christianisme, qui a « fabriqué » un super-organisme totalement neuf, en quelques siècles, en contaminant des millions d’organismes individuels avec un « gène mental » spécifique. Et pour Bloom (en cela résolument panthéiste, pour ne pas dire authentiquement satanique), peu importe en l’occurrence que ce « gène mental » dise ou pas la réalité humaine et sociale : il crée cette réalité, en contaminant les organismes individuels. Les hommes de Bloom adoptent d’ailleurs la réalité à créer non parce qu’elle est proche d’une vérité préexistante au réel, mais parce qu’ils ont besoin de ressentir la sensation de contrôle qu’elle leur donne sur le cours général du super-organisme en devenir. Et les hommes de pouvoir sont les plus prompts à s’en saisir, parce qu’ils savent que contrôler l’espace supérieur où s’affrontent les « gènes mentaux », c’est contrôler, tôt ou tard, l’espace inférieur où se meuvent les corps.

L’appétit de l’espèce humaine pour les « gènes mentaux » est encore renforcée par un instinct puissant : celui qui dit à l’homme que la capacité à construire de très grands systèmes fédérateurs est utile, voire nécessaire, pour transmettre ses gènes biologiques, ou en tout cas ceux de son groupe. Un super-organisme solidement charpenté par une infrastructure mentale collective est plus fort, plus capable de grandir. Les idéologies ne sont jamais que des « gènes mentaux » incubés directement par le pouvoir à cette fin. Et les religions, en tant qu’elles sont aussi des supports idéologiques, sont constamment récupérées par ce principe de Lucifer.

Pour l’Occident contemporain, conclut Bloom, il faut se méfier de la suite des évènements. L’Occident est un super-organisme ultra-compétitif, soudé historiquement par un « gène mental » complexe, doté de plusieurs variantes plus ou moins capables de coopérer. Son problème, c’est qu’il est devenu tellement dominant qu’il ne ressent plus la menace que peuvent faire peser sur lui d’autres « gènes mentaux ». L’islam, en particulier, est méprisé parce qu’il est matériellement très faible. Mais si l’on analyse le monde en terme de super-organismes collectifs mentaux, il est potentiellement capable de triompher de l’Occident – tout simplement parce que faible matériellement, il repose sur un « gène mental » d’une solidité exceptionnelle. D’autres mondes, presque aussi méprisés, se trouvent par rapport à l’Occident dans la même situation (Amérique Latine, Afrique). C’est pourquoi, dit Howard Bloom, les dirigeants du monde occidental doivent recartographier la planète, et s’intéresser davantage aux forces immatérielles – aux religions, en particulier.

Riches et puissants, les occidentaux ne se rendent pas compte que leur richesse crée leur faiblesse, leur décadence, et que leur puissance peut leur dissimuler longtemps l’affaiblissement dramatique de leur « gène mental » constitutif. Les mondialistes, continue Bloom, sont persuadés que l’enrichissement de la planète sur le modèle occidental fabriquera partout des répliques de l’Occident : ils se trompent. Plus que jamais, la compétition entre super-organismes est à l’ordre du jour, et les « gènes mentaux » vont continuer à s’affronter, pour savoir qui doit dominer, dans l’ordre de préséance. Les idées généreuses de paix universelle ne sont que le signe d’un affaiblissement du « gène mental » de l’Occident, avertit Bloom. Et l’étrange appétit de stabilité qui règne sur notre partie du monde n’est, en réalité, que la volonté de ne pas voir que dans la compétition entre les « gènes mentaux », nous partons désormais perdants. Il est temps, nous dit Bloom, de décider si nous allons refonder notre appétit de conquête, au nom d’un « gène mental » revitalisé.

Telle est la conclusion du « Principe de Lucifer ». Une conclusion, effectivement, très « luciférienne » – puisqu’on remarquera qu’à aucun moment, Bloom ne pose la question de savoir si, étant donné que la compétition entre les « gènes mentaux » est l’instrument d’un avancement de l’humanité vers la vérité, le recul de l’Occident, plutôt qu’un retour à l’agressivité, ne doit pas s’accompagner d’une mutation. Non pour rendre notre « gène mental » plus puissant… mais pour le rendre plus vrai.

NOTE: US Attn General Eric Holder on The US Killer Drone Policy (

Bienvenu dans la culture

The evaluation of whether an individual presents an “imminent threat” incorporates considerations of the relevant window of opportunity to act, the possible harm that missing the window would cause to civilians, and the likelihood of heading off future disastrous attacks against the United States…

[…]

The unfortunate reality is that our nation will likely continue to face terrorist threats that – at times – originate with our own citizens.   When such individuals take up arms against this country.. there may be only one realistic and appropriate response.   We must take steps to stop them [use drones to kill them when possible] – in full accordance with the Constitution [a hollow mention since they’ve already claimed, it doesn’t place any restraint on their powers]   In this hour of danger, we simply cannot afford to wait until deadly plans are carried out – and we will not.

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